L’agriculture creusoise à sec !

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Dans le contexte actuel de l’agriculture (baisse des cours, sécheresse, non versement des aides PAC, blocage à Laval…), le Préfet de la Creuse se devait d’aller sur le terrain prendre la température. Chose faite puisque la FDSEA de la Creuse a convié Monsieur le Prefet, accompagné de M. Debret, directeur adjoint de la DDT de la Creuse, sur l’exploitation d’Olivier Cholin à Bussière-Saint-Georges. Pour l’occasion, une cinquantaine d’agriculteurs essentiellement issus du nouveau canton de Boussac, était présents, ainsi que Mme Graveron et M. Foulon, conseillers départementaux du secteur.

Olivier Cholin s’est installé en 2000, dans un premier temps en gardant une double activité, puis à plein temps depuis 2003. Aujourd’hui, il exploite 122 ha et élève 60 vaches charolaises en système naisseur avec une production diversifiée de céréales pour être autonome. Olivier essaie de s’adapter au contexte malgré une PAC peu favorable.

Une PAC qui n’en finit pas ! 

Cette PAC, qui n’en finit plus, est difficile à suivre. Le Préfet l’avoue : « on ne sait quel terme juste employer tellement les mots, « acompte », « solde », « apport de trésorerie » ne sont pas appropriés ». Les agriculteurs se sont déjà engagés en remplissant leur dossier PAC 2016 alors qu’ils n’ont pas perçu leurs aides au titre de la campagne 2015. Olivier Cholin prend la parole « j’ai perdu des ABA (Aides au Bovins Allaitants, ndlr) car j’ai fait mes notifications de mouvement sous 9 jours au lieu de 7. Un retard qui me coûte cher car je perds des aides alors que l’État a une année de retard sur les versements PAC. » Concernant les contrôles sur le terrain, le secrétaire général de la FDSEA Christian Arvis met en garde : « Si un contrôleur vient sur mon exploitation, je le sortirai ! Ces contrôles terrains sont basés sur quelles références ? Des données que n’ont pas les agriculteurs (nombre DPB, montant…) ! La pression monte dans les campagnes avec les contrôles actuels sur le terrain malgré la mise en garde de la profession. Nous attendons impatiemment le solde des aides PAC 2015 pour le 15 septembre, si le versement n’est pas respecté nous assiègerons l’ASP. »

Canicule et sécheresse  

La FDSEA a aussi convié M. le Préfet à cette visite d’exploitation pour l’alerter sur l’état des végétaux dû à la sécheresse. La profession vit deux sécheresses consécutives, différentes mais mettant les exploitations en péril. Patrick Legoux, technicien au GDA de Boussac, a présenté les résultats économiques de l’exploitation et pris pour exemple le cas des céréales. En 2016 une floraison et une fécondation en période froide et humide ont conduit à un développement des maladies spectaculaire, ce qui entraîne une baisse de rendement d’environ 40 % selon les organismes stockeurs du département. La marge brute (produits – les charges) concernant le blé est de 63 euros cette année contre  530 euros en 2015. Les mauvaises conditions météorologiques ont des impacts directs sur les cultures, les rendements et par conséquent sur le revenu des agriculteurs. La pression des maladies étant forte, Olivier Cholin a dû faire des traitements supplémentaires, ce qui a détérioré sa marge. Pour le maïs qui vit un stress hydrique, ni la qualité ni la quantité ne seront au rendez-vous cette année. Pour constater les dégâts, M. le Préfet s’est rendu sur une parcelle. À la vue des végétaux, les professionnels lui ont expliqué que ces plantes devraient atteindre 3 mètres de hauteur alors que la moyenne de cette parcelle est de 1,20 mètres cette année. Lorsque l’on regarde les poupées, le constat est terrible, avec une taille ridicule et absence totale de grains. Cette culture est implantée pour faire du stock de fourrage, or les éleveurs, toutes productions confondues, se demandent comment ils vont nourrir leur cheptel jusqu’au printemps dans ces conditions. Sans compter que les prairies grillent, les agriculteurs attaquent déjà leur stock de foin. 

Ainsi FDSEA, JA et Chambre d’agriculture, avec les services de la DDT et de la Préfecture, vont dès les prochains jours se mobiliser pour étudier la possibilité d’enclencher une procédure de calamité agricole (les céréales ne rentrant pas dans ce dispositif). De plus, la profession a demandé qu’un arrêté préfectoral soit pris, limitant l’utilisation de l’eau (arrosage des pelouses, remplissage des piscines…) afin de privilégier cette ressource pour abreuver les animaux. Cette rencontre sous un climat caniculaire laisse la profession dans une vision de l’avenir toujours aussi obscure !

MR

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