Rencontre Made In Viande en Creuse

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C’est la première année qu’on participe, c’est un peu stressant ». En attendant les visiteurs, Séverine et Samuel Bry s’encouragent. Et du courage il en faut : on ne sait pas forcément à l’avance quel type de visiteur viendra quand on ouvre les portes de son exploitation. Un autre éleveur ? un voisin ? des citadins ? des opposants ? Et quelles questions poseront-ils ? Saura-t-on y répondre ? Autant de questions qui n’auront de réponse qu’à la fin du week-end.

Cette année, du courage il en a fallu aussi pour les visiteurs. Il fallait passer entre les gouttes, pour ne pas dire les hallebardes, bien décidées à arroser Made in Viande en Creuse ce vendredi. 

Les visiteurs ne se sont donc pas bousculés pour découvrir la passion investie par Samuel dans son élevage, mais ils étaient bien accueillis sous la stabulation. Le groupe de l’après-midi est simplement constitué un couple de retraités, issu de la région parisienne, mais venu en voisin. « Vous pouvez le constater, c’est un peu vide, car les animaux sont au pré ». Il n’y a là que les animaux à l’engraissement. « Dans la première case se sont les plus âgés, de 16 à 18 mois, les prochains à partir. Ensuite on décalera les animaux d’une case et ainsi de suite. » Devant des génisses qui viennent quand on les appelle, Séverine explique que « oui, les voir partir à l’abattoir, ça fait un pincement au coeur, mais c’est le métier ». Ce n’est pas parce que les animaux sont destinés à être mangés qu’on ne doit pas les aimer et bien les traiter avant ça. « On les voit naître, on les aime, on les soigne et on s’y attache forcément. Les éleveurs prennent soin de leurs animaux ». 

Les visiteurs abordent donc la question des soins apportés aux animaux, l’aspect médicamenteux notamment. Séverine les rassure, il n’y a pas de traitement antibiotique systématique, ni même préventif, ce qui est d’ailleurs interdit pour beaucoup de produits. « On les soigne avec des plantes, et si ça ne marche pas, alors on appelle le vétérinaire. » Et d’insister que tout à un coût, les traitements, qu’ils soient pour les animaux ou les cultures, sont très chers, alors ils évitent d’en abuser, surtout qu’en ce moment gagner l’équivalent d’un Smic avec ce métier est déjà difficile. 

Les attaques des associations anti viandes sont une des raisons de ces portes ouvertes, « on n’a rien à cacher », explique Samuel, mais les visiteurs ne semblent pas comprendre l’allusion : « Quelles attaques ? » demandent les visiteurs. « Bah vous savez bien, les vidéos d’abattoir où les animaux ne sont pas bien traités. » « Ah ! ça ! On n’y fait pas attention, je pense que de façon générale les médias vous sont plutôt favorables. » 

Ces visiteurs peu liés à la terre ont finalement conscience que les cas de maltraitance ne sont pas la règle, et ils ont pu le vérifier en venant voir cette ferme tout à fait représentative de la moyenne. C’est donc avec une confiance mutuelle et renouvelée qu’éleveurs et consommateurs se sont séparés, après une dégustation de charcuterie de bœuf et jus de pomme locaux.

Chez l’EARL AJF à Évaux-les-Bains, peu de monde ce samedi après-midi. Là aussi les averses à répétition n’ont pas encouragé les éventuels visiteurs.

Dans les cases, peu d’animaux puisqu’ils sont au pré depuis le 27 avril. C’est peu plus tard que d’habitude mais conditions météorologiques obligent ! Seule une trentaine de bovins à l’engraissement sont dans les cases où des lots sont formés en fonction de leur destination. Il y a le lot pour Mac Donald, le lot pour Casino, le lot pour Lidl, etc. selon les différents contrats signés par l’éleveur avec sa Coopérative puisque Jean-François Aucouturier travaille avec CCBE et pour le Label Rouge (les animaux de plus de 30 mois et de moins de 10 ans). Il explique qu’aujourd’hui, le Label Rouge n’a pas beaucoup plus de critères que les critères basiques car la réglementation générale est de plus en plus drastique. D’ailleurs, pour lui, il faudrait simplifier la labellisation puisqu’en France, il y a trois Label Rouge (7 auparavant) et une IGP, le Charolais bourbonnais. Il prend l’exemple de l’Irlande où il n’y a qu’un seul label, le label « à l’herbe », tout simplement.

En général, très peu d’animaux rentrent dans le Label Rouge. Par les coopératives ils sont environ 7 000 par an et par les privés 2 000 environ.

À son public de nutritionnistes, M. Aucouturier explique que la limousine est moins grasse que la charolaise par exemple. Il travaille en charolais et explique que tous ses animaux sont rentrés l’hiver même si le charolais supporte plutôt bien les variations de climat et la sécheresse. Heureusement d’ailleurs car le secteur d’Évaux-les-Bains est une zone particulièrement sèche où la pluviométrie est moins importante qu’ailleurs dans le département.

L’EARL AJF compte entre 350 et 400 bovins charolais ; un salarié à plein temps travaille sur l’exploitation. Actuellement le fils de la famille fait ses études au lycée agricole de Marmilhat et pense intégrer l’exploitation à moyen terme. M. Aucouturier fait aussi des céréales en autoconsommation et quelques hectares sont dédiés au blé d’Évaux pour la Limousette, célèbre baguette d’Évaux-les-Bains.

Au niveau de l’alimentation de son troupeau, Jean-François achète du tourteau de tournesol français dans une usine située dans le Puy-de-Dôme. Pour les veaux, il mélange du tourteau de tournesol avec des céréales et du foin. L’hiver, du triticale, du foin, de l’ensilage d’herbe et de maïs.

M. Aucouturier est déjà partant pour réouvrir ses portes l’an prochain, avec une organisation différente afin de pouvoir faire des dégustations de viande et peut-être d’autres produits locaux.

HC/MPGP

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