Échanges enrichissants dans l’Indre autour de l’engraissement

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La Section Bovine de la FDSEA a souhaité cette année remettre en place l’organisation d’une sortie annuelle comme elle le faisait il y a quelques années. Le lundi 6 novembre, une quarantaine de participants se sont rendus dans l’Indre (36). La matinée a débuté par la visite de l’atelier d’engraissement de Jean-Pierre et Nicolas Garcia à Saint-Maur crée en 2004. En région céréalière, père et fils cherchaient une activité pour diversifier les revenus de l’exploitation familiale, de 25 places, ils arrivent aujourd’hui à 300 places. Depuis, ils ne regrettent pas leur choix « les céréales se vendent en dessous des coûts de production. Nous arrivons à dégager une marge nette de 50 euros/taurillons vendus ». Ils travaillent avec la Celmar en contrat de proximité. « Il est possible que vous retrouviez chez moi des veaux nés chez vous » explique Jean-Pierre Garcia aux éleveurs creusois présents. Cette rencontre basée sur l’échange de pratiques a été l’occasion pour Jean-Pierre Garcia de faire passer un message qui lui tient à cœur, « la nécessité de mettre en place un protocole de vaccination contre la grippe au sein des élevages naisseurs avant l’arrivée en atelier d’engraissement afin d’accueillir des lots d’animaux en meilleure santé et ainsi limiter la mortalité. Ceci passant bien sûr par un partenariat naisseur-engraisseur, car représentant une manipulation supplémentaire pour les naisseurs ». Les éleveurs naisseurs présents n’étaient pas contre « à condition qu’il y ait une contrepartie ». « Il en va de soit » répond Jean-Pierre Garcia, il est prêt à aider financièrement, d’ailleurs c’est ce qu’il a mis en place avec plusieurs éleveurs qui l’approvisionnent en direct, il leur a payé les doses de vaccins pour les animaux qui vont prochainement rentrer dans son atelier. Les taurillons sont nourris avec une ration sèche à base de maïs grain écrasé et d’un complémentaire fibreux azoté. Les Garcia dispose d’une fabrique d’aliment à la ferme leur permettant de préparer la ration de leurs taurillons qu’ils distribuent ensuite avec une petite mélangeuse. Ils sont également équipés d’un parc de contention afin de manipuler les animaux en toute sécurité, pour eux comme pour les bêtes.

Suivi du grand gibier

Les éleveurs ont souhaité s’informer auprès de la fédération des chasseurs de l’Indre pour connaître leur gestion des populations de cervidés et de sangliers sur le département. Le rendez-vous avait lieu sur le domaine du Plessis à Migné, réserve de conversation de la faune sauvage appartenant à la FDC 36* s’étendant sur 200 ha. Xavier Legendre, vice-président de la FDC 36 leur a présenté le suivi de la faune sauvage mis en place dans l’Indre depuis 2010, afin de gérer les populations de grands gibiers en termes de quantité et de qualité, par une meilleure répartition des classes d’âge. Tout cerf et sanglier abattu doit porter un bracelet (10 euros le bracelet sanglier et 160 euros le bracelet cerf). Les mandibules des cervidés abattus doivent être renvoyées à la FDC 36, ce qui permet de connaître l’âge des animaux prélevés. Si ces mandibules ne sont pas présentées, le plan de chasse n’est pas renouvelé l’année suivante.Mandibules cervidés La FDC 36, en collaboration avec le GDMA et le Conseil départemental de l’Indre, équipe certains chasseurs de kits permettant de faire des analyses sur la santé de la faune sauvage. M. Legendre rappelle la nécessité d’une bonne entente entre chasseurs et agriculteurs. La population des sangliers augmente depuis 10 ans, certaines communes de l’Indre sont classées « points noirs » c’est-à-dire que l’agrainage est interdit en décembre et janvier. La définition de « point noir » est annuelle et a pour vocation de faire que les chasseurs s’investissent davantage dans la limitation des dégâts aux cultures, par une pratique régulière visant à limiter la concentration d’animaux sur des secteurs peu chassés. 

Ferme des Bordes

En avant-première, les participants ont eu le privilège de visiter l’atelier d’engraissement de la ferme expérimentale des Bordes à Jeu-les-Bois. En fonctionnement depuis quatre mois, ce bâtiment de 200 places a été conçu pour comparer trois rations d’engraissement différentes sur des animaux de sexe et de races différents (charolaise et limousine) avec la participation de trois groupements de producteurs : CCBE, Celmar et Cialyn pour l’apport des animaux constituant les 7 lots d’essais. Tester les nouvelles technologies par l’utilisation d’outils innovants fait partie également de l’expérimentation pour simplifier et limiter le travail : acheminent des fourrages par tapis roulant, scie automatique pour peser et « couper » le fourrage des différentes rations, robot distributeur et « repousse ration », pailleuse sur autorail, couloir de contention dernier cri pour la pesée des animaux tous les 28 jours. Une porte ouverte officielle est prévue au mois de juin 2018 pour faire le bilan des travaux de cette première année d’expérimentation.

MR

*FDC 36 : Fédération Départementale des Chasseurs de l’Indre.

 

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